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L’EFSA FIXE LA DOSE MAXIMALE SANS RISQUE DE Δ-8 THC

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a suggéré une limite maximale sans risque de 1 µg/kg de poids corporel pour la consommation combinée de delta-8 et delta-9 THC provenant des aliments.

Le groupe CONTAM avait précédemment fixé une dose aiguë de référence (DARf ou ARfD) de 1 μg/kg de poids corporel pour le Δ9-THC en raison de ses effets néfastes sur le système nerveux central humain. Compte tenu de la similitude des effets et du mode d’action entre le Δ8 et le Δ9-THC, le groupe a estimé que la DARf établie pouvait être considérée comme une DARf collective pour la somme des deux. Si les deux substances sont produites naturellement, on s’attend à un rapport Δ8/Δ9-THC inférieur à 1. Cependant, de nombreux échantillons positifs pour le Δ8-THC dépassaient ce rapport, ce qui indique soit l’ajout de Δ8-THC semi-synthétique, soit sa formation pendant la transformation, soit l’enrichissement du Δ8-THC naturel. [1]

Le delta-8 THC n’est présent naturellement dans le chanvre qu’à l’état de traces (environ 1 % ou moins). Cependant, pendant la transformation, en particulier lorsque le CBD est extrait puis soumis à certains traitements chimiques spécifiques tels que le chauffage (décarboxylation) et l’isomérisation avec des catalyseurs acides, le CBD peut être converti en Delta-8 THC. Cette conversion synthétique ou semi-synthétique est courante car le Delta-8 THC est un isomère du CBD, et la structure chimique proche permet cette transformation dans des conditions de laboratoire spécifiques.

Ainsi, pour les extraits dérivés du chanvre à forte teneur en CBD, une concentration de Δ8 et Δ9-THC pourrait être possible. Cependant, normalement, seules de petites quantités de Δ-8 THC devraient être présentes ; le respect de cette limite pourrait s’avérer difficile. Il faudra procéder à des analyses pour confirmer la conformité, ce qui augmente le coût de production.

L’évaluation des ingrédients riches en CBD doit être prise en compte en parallèle. L’existence d’un seuil de sécurité clair et scientifiquement fondé pour le Δ-8 THC profite au marché des compléments alimentaires à base de CBD en fournissant une référence mesurable en matière de sécurité. Cela contribuera à renforcer la confiance des consommateurs et des détaillants, car cela répond aux préoccupations concernant les effets psychoactifs et établit une norme pour une sécurité constante des produits. Cela peut faciliter l’acceptation par le marché, réduire l’ambiguïté et favoriser la clarté réglementaire pour les produits étiquetés comme dérivés du chanvre mais contenant des cannabinoïdes.

En février 2025, la Food Standards Agency (FSA) et la Food Standards Scotland (FSS) ont conclu qu’un isolat de CBD était sans danger à raison de 10 mg/jour dans les compléments alimentaires.[2]

L’EFSA a proposé une DJA prudente de 2 mg de CBD par jour en septembre 2025, invoquant des préoccupations toxicologiques non résolues et des lacunes importantes dans les données relatives à la sécurité humaine.[3]

Bien que les évaluations de l’EFSA et de la FSA soient juridiquement indépendantes, les évaluations de sécurité s’influenceront mutuellement, pour le meilleur ou pour le pire.

Cette limite fixée par l’EFSA pour le delta-8 THC pourrait aider les produits à base de CBD en définissant un paramètre de sécurité pour l’exposition aux cannabinoïdes. Pour obtenir l’autorisation des ingrédients en tant que nouveaux aliments, les entreprises devront investir dans les études toxicologiques nécessaires pour compléter les dossiers, qui sont coûteuses. La meilleure façon d’y parvenir serait peut-être de former des consortiums, comme l’a fait l’EIHA.[4]

Lorsque je travaillais pour le ministère belge de la Santé, nous avons établi les niveaux maximaux de sécurité suivants pour le Δ9-THC dans les aliments, sur les conseils de la commission consultative pour les produits botaniques : 10 mg/kg pour l’huile de graines, 5 mg/kg pour les graines ou la farine, et 0,2 mg/kg pour les autres aliments et boissons. Cette réglementation fait désormais référence au règlement (UE) 2023/915 de la Commission concernant les teneurs maximales pour certains contaminants, qui fixe les teneurs maximales pour le Δ-9 THC à 3 mg/kg pour les graines et à 7,5 mg/kg pour l’huile de graines.

La teneur fixée par l’EFSA est plusieurs fois inférieure à celle applicable aux contaminants pour un adulte moyen, en tenant compte de la consommation moyenne. À mon humble avis, elle est beaucoup trop stricte pour être applicable.

[1] https://www.efsa.europa.eu/en/news/delta-8-thc-efsa-sets-safe-intake-level

[2] https://www.food.gov.uk/business-guidance/cannabidiol-cbd

[3] https://www.efsa.europa.eu/en/efsajournal/pub/9708

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